Près de six ans après l’abaissement généralisé de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h sur les routes secondaires, le mouvement de retour aux 90 km/h se poursuit en France métropolitaine. Début 2026, 52 départements ont désormais fait le choix de relever tout ou partie de leurs limitations sur les routes bidirectionnelles à une voie sans séparateur central. Instaurée en juillet 2018 par le gouvernement, la mesure visait à améliorer la sécurité routière sur le réseau secondaire. Elle avait toutefois suscité une forte contestation parmi les automobilistes et une partie des élus locaux, devenant l’un des symboles de la fracture entre territoires urbains et ruraux. Face à cette opposition persistante, l’exécutif avait finalement décidé, un an plus tard, de laisser aux départements la possibilité d’adapter la réglementation en fonction des spécificités locales. Depuis, plusieurs collectivités ont progressivement réinstallé la signalisation à 90 km/h, parfois sur l’ensemble de leur réseau, parfois de manière ciblée. Dernier exemple en date, le département de l’Eure a officialisé le relèvement de la limitation sur l’intégralité de ses 4 200 kilomètres de routes secondaires. Il s'agit du 52e département français à relever les limitations abaissées il y a huit ans sur certains axes routiers. Dès 2021, soit trois ans seulement après le passage aux 80 km/h, la Haute-Marne, la Corrèze et le Cantal avaient déjà fait marche arrière, de nombreux autres départements leur ayant emboîté le pas depuis. Dans le Gers, le retour aux 90 km/h se fait progressivement, 220 km de tronçon supplémentaires ayant vu officiellement leur vitesse maximale relevée depuis ce lundi 16 février. Malgré cette dynamique, la majorité du réseau secondaire français reste soumise à la limitation de 80 km/h. Sur les quelque 400 000 kilomètres concernés par la réforme de 2018, environ 61 000 kilomètres ont retrouvé les 90 km/h à l’hiver 2026. Par ailleurs, la hausse de la mortalité routière observée en 2025 s’est accompagnée d’une augmentation des tués hors agglomération (+3 %) et du nombre de blessés (+7 %). Si aucun lien direct n’a été établi avec le relèvement des vitesses, cette dégradation pourrait inciter certains départements à temporiser avant d’abandonner totalement le "tout 80". Invité au micro de RTL ce mercredi 18 février, Pascal Coste, président du conseil départemental de la Corrèze (l'un des premiers départements à revenir aux 90 km/h), a expliqué : "On est passé entre 8 et 15 décès par an à entre 4 et 5 maximum. La vitesse n'était résolument pas le bon sujet", indique-t-il. "La question de la sécurité routière est sérieuse. On ne peut pas la traiter de la manière technocratique et parisienne qui méprise la vie des ruraux, qui n'ont pas d'autre solution que la voiture."