Le segment des pick-up est particulièrement lucratif aux États-Unis. Le Ford F-150 et le Chevrolet Silverado semblent solidement installés aux première et deuxième places du classement des véhicules les plus vendus. Sans surprise, les autres constructeurs veulent eux aussi leur part du gâteau. Au salon de New York 2026, Hyundai a réaffirmé son engagement de développer un pick-up intermédiaire à châssis séparé (body-on-frame) destiné au marché américain d’ici 2030. Lors du même événement, le patron de Volkswagen Group of America a déclaré qu’il "n’écartait pas" l’idée d’un pick-up. Concept Volkswagen Tarok Interrogé, lors d’un point presse avec un petit groupe de médias, sur les précédents concepts de pick-up chez VW, le CEO Kjell Gruner a déclaré : "Bien sûr, si un marché est de cette taille, on ne peut pas simplement dire : je vais l’ignorer, et nous ne l’ignorons pas. Donc évidemment, nous regardons ça. Nous regardons les pick-up du segment C, du segment B, etc. Comment ces segments évoluent ? Et je ne voudrais pas l’exclure du tout… un pick-up n’est pas exclu." Il est intéressant que Gruner mentionne précisément les pick-up des segments B et C, qui sont généralement à structure autoporteuse (unibody) et pourraient s’appuyer sur l’architecture MQB déjà existante au sein du groupe VW. Les concurrents actuels de cette catégorie incluent le Ford Maverick et le Ram Rampage, ce dernier n’étant pas commercialisé aux États-Unis. Il y a aussi le Hyundai Santa Cruz, dont la production s’arrête cette année. Le marché devrait rapidement s’étoffer, avec l’arrivée annoncée du pick-up de Slate, très dépouillé, à un tarif supposé de 25 000 $. Le concept Tarok présenté par VW en 2019 donnait déjà un aperçu de cette orientation, et la marque prévoit de produire le Tukan pour le marché sud-américain à partir de l’an prochain. Une catégorie au-dessus, le Honda Ridgeline (autoporteur) se mesure à des pick-up plus "traditionnels" comme les Ford Ranger, Chevrolet Colorado et Toyota Tacoma. Un nouveau Ram Dakota devrait entrer dans la danse l’année prochaine, et Subaru a laissé entendre qu’un nouveau Baja pourrait voir le jour. Volkswagen a déjà dévoilé des concepts dans cette classe, le plus récent étant l’Atlas Tanoak en 2018. Interrogé sur le fait qu’un éventuel nouveau pick-up serait autoporteur ou à châssis séparé, le CEO de VW Group aux États-Unis a répondu que "les deux peuvent fonctionner" et que tout dépend de l’usage visé : "Cela dépend un peu de ce que nous voulons en faire, car un châssis séparé aide, bien sûr, si l’on veut un positionnement plus tout-terrain et robuste, alors qu’un positionnement routier irait plutôt vers une structure autoporteuse. De plus, on peut s’appuyer sur des plateformes autoporteuses existantes. Donc… il y a des avantages et des inconvénients. Il n’y a pas une solution unique et évidente." Concept Volkswagen Atlas Tanoak Un pick-up autoporteur basé sur MQB paraît le scénario le plus probable, Volkswagen ne disposant pas, à ce stade, de plateforme à châssis séparé prête à l’emploi. Quant à la motorisation d’un pick-up VW, il s’agirait vraisemblablement d’une déclinaison du EA888 2,0 litres 4 cylindres de la marque, avec ou sans assistance hybride. Il serait probablement assemblé dans l’usine Volkswagen de Chattanooga (Tennessee), afin d’éviter de lourds droits de douane. Gruner n’a pas souhaité préciser si un éventuel futur pick-up Volkswagen aurait un lien avec l’offre de Scout, se contentant d’indiquer qu’il s’agit d’"entreprises distinctes" avec "des décisions produits distinctes".