La spectaculaire dégringolade de Škoda en Chine mérite d’être étudiée. Pendant de nombreuses années, il s’agissait du premier marché de la marque, mais les ventes ont commencé à s’éroder à la fin de la décennie précédente. Dans un contexte de concurrence féroce, alimentée par l’ascension fulgurante des constructeurs locaux, le groupe Volkswagen retire sa marque tchèque du plus grand marché automobile du monde. Les ventes locales prendront fin d’ici le milieu de l’année, selon Automotive News. Les chiffres de ventes des dernières années dressent un tableau sombre du recul de Skoda en Chine. La demande a culminé en 2018, avec 341 000 voitures livrées aux clients. En 2025, les livraisons sont tombées à seulement 15 000 unités. Cela représente une baisse de près de 96 % en sept ans, illustrant les difficultés des marques historiques. Année Ventes en Chine 2025 15 000 2024 17 500 2023 22 800 2022 44 600 2021 71 200 2020 173 000 2019 282 000 2018 341 000 2017 325 000 2016 317 100 Bien qu’en Chine la marque soit sur une pente glissante depuis le début de la décennie, Skoda a réussi à compenser ces pertes massives en progressant dans d’autres régions du monde. En 2025, elle est devenue pour la première fois la troisième marque automobile la plus vendue en Europe. La demande en Inde a atteint des niveaux records, tandis que la marque a également gagné du terrain en Afrique du Nord et en Turquie. À l’échelle mondiale, Skoda a progressé de 12,7 % l’an dernier, atteignant 1 043 900 unités : son meilleur résultat depuis six ans. Elle se prépare à lancer un nouveau véhicule électrique d’entrée de gamme, la citadine Epiq, avant de présenter plus tard dans l’année le Peaq, nettement plus grand, à sept places. Le concept Vision O laissait entrevoir un grand break électrique, mais il ne sera pas commercialisé de sitôt. L’avis de Motor1 : De héros à zéro, Skoda a été victime de la montée irrésistible des constructeurs chinois et de leurs stratégies tarifaires agressives. Si sa maison-mère semble jeter l’éponge, elle continue en revanche d’investir dans la marque Volkswagen (VW) en renforçant les partenariats avec des acteurs locaux. Alors que Skoda quitte la Chine, le groupe VW introduit un nouvel acteur sur le segment du luxe. Distincte de la marque Audi traditionnelle, AUDI est une coentreprise avec SAIC, mais les premiers signaux laissent penser qu’elle rencontre déjà des difficultés. Reste à savoir combien de constructeurs historiques survivront en Chine au cours des 10 à 20 prochaines années ; mais le retrait de Skoda montre à quel point même de grands noms peuvent y perdre du terrain rapidement.