Mercedes-Benz ne démarre pas l’année sur de bonnes bases, avec des ventes mondiales en recul de 6 % au premier trimestre, sous l’effet d’une chute de 27 % en Chine, où la guerre des prix avec les marques premium locales se poursuit. En revanche, les ventes de véhicules électriques ont progressé de 11 % sur la période, à 50 400 unités, dont 44 300 voitures particulières. Cette hausse s’explique par une amélioration de 7 % en Europe et par une progression de 20 % des ventes de VE aux États-Unis (après une baisse de 19 % au T4 2025), ce qui a permis de compenser en partie le recul en Chine. Mercedes qualifie 2026 d’« année de transition » en Chine, au cours de laquelle le constructeur retirera progressivement des modèles en fin de carrière et préparera leurs remplaçants. Ce mouvement ne concerne pas uniquement la Chine, puisque Mercedes est en train de renouveler sa gamme à l’échelle mondiale. Les premiers modèles clés de cette nouvelle offensive électrique, la CLA et le GLC électrique, ont été très bien accueillis et suscitent un fort intérêt des acheteurs. En prenant le volant du nouveau GLC électrique il y a quelques semaines, il apparaît assez clairement que Mercedes ne prend aucun risque avec ses VE : l’objectif est qu’ils procurent les mêmes sensations que n’importe quel autre modèle de la gamme. C’est un changement positif, car l’actuelle famille EQ a peut-être été un peu trop atypique pour l’acheteur Mercedes « classique ». La nouvelle CLA électrique a été le premier signe que Mercedes orientait ses modèles à batterie vers une approche plus consensuelle. Le design des actuels modèles EQ, que certains comparent à des dragées, a probablement été l’une des grandes raisons de performances commerciales inférieures aux attentes du constructeur. Les premières versions ont aussi connu des problèmes de mise au point — qui a oublié le ressenti douteux de la pédale de frein sur les premiers EQS ? — mais la situation s’est améliorée avec le temps et, même aujourd’hui alors qu’ils sont nettement meilleurs, Mercedes peine encore à les écouler. La marque tente toujours de rendre ces anciens modèles EQ plus attractifs via un restylage de mi-carrière, qui, dans le cas de l’EQS, apporte de nombreux changements et ajoute une direction « steer-by-wire » en option. Mais Mercedes a probablement besoin de repartir d’une page blanche avec des modèles au potentiel plus large. Le prochain VE important sera la Classe C électrique, qui reprend la base technique et le langage stylistique du GLC électrique, et ressemble tout simplement à une berline Mercedes typique (avec des touches de fastback et de coupé vers l’arrière). Elle sera suivie par une Classe E et une Classe S électriques, toutes deux construites sur la même architecture dédiée MB.EA 800 volts (non partagée avec la gamme thermique) et qui devraient poursuivre cette direction stylistique plus sobre. Mercedes cherche à innover avec le VLE, un grand monospace ultra-luxueux que le constructeur souhaite que l’on appelle une « grand limousine ». Pour l’avoir vu en vrai, je dirais sans hésiter qu’il progresse nettement en performances, en luxe et en équipements par rapport à la Classe V, qui sert aujourd’hui de navette VIP de référence dans de nombreuses régions du monde. 2026 sera une année importante pour les VE de Mercedes-Benz, car débuteront les lancements du GLC électrique, du GLB électrique, du VLE et de la Classe C électrique. AMG devrait aussi présenter la version de série du Concept GT XX avant la fin de l’année. Le premier trimestre positif pour les modèles électriques du constructeur pourrait n’être que le début d’un véritable redressement, avec l’arrivée sur le marché de tous ces nouveaux VE cette année.