Le gouvernement chinois a engagé une vaste campagne de régulation de son industrie automobile, visant à encadrer à la fois les innovations technologiques et leur communication. Après les systèmes d’aide à la conduite, les batteries ou encore certains éléments de design extérieur comme les poignées rétractables, un nouvel équipement se retrouve aujourd’hui sous surveillance : le volant dit "yoke", utilisé notamment par Tesla. Ces derniers mois, les autorités sont intervenues à plusieurs reprises pour clarifier les usages et les appellations employés par les constructeurs. L’objectif affiché reste constant : renforcer la sécurité routière et améliorer la protection des consommateurs, dans un contexte de forte accélération technologique du secteur. Popularisé par Tesla, qui en a également introduit l’appellation, le volant yoke — un demi-volant dépourvu de jante supérieure — est utilisé par quelques marques pour accentuer l’aspect futuriste de l’habitacle. Encore marginal, cet équipement se retrouve néanmoins déjà remis en question en Chine, non pas pour son ergonomie en conduite, mais pour des motifs liés à la sécurité passive. Outre Tesla, ce type de volant est notamment proposé par Lexus ou par la marque chinoise IM, positionnée sur le segment techno-premium et affiliée au groupe SAIC. Le régulateur chinois ne s’est pas penché sur la maniabilité de ces volants,à proprement parlé mais sur leur comportement en cas de collision. Selon les autorités, la présence d’une jante supérieure est indispensable pour éviter que le conducteur ne bascule vers l’avant et n’entre en contact avec la colonne de direction ou la planche de bord lors d’un choc. Les normes en vigueur imposent en effet des tests d’effort et d’impact sur plusieurs zones du volant, dont la partie supérieure. Les volants de type yoke, qui en sont dépourvus, ne peuvent satisfaire à ces exigences et sont donc jugés non conformes. Un régime dérogatoire avait été envisagé, avant d’être supprimé dans la dernière version de la réglementation. Un autre point de vigilance concerne le déploiement des airbags. Le ministère de l’Industrie évoque un risque accru de projection d’éléments potentiellement dangereux vers le conducteur avec ce type de volant. L’entrée en vigueur de cette réglementation est prévue pour 2027. Une période transitoire permettra aux modèles déjà homologués de rester commercialisés, mais les ajustements devraient être rapides : les véhicules concernés proposent d’ores et déjà un volant conventionnel en alternative.