Automotive Cells Company (ACC), la coentreprise de batteries fondée par Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies, a confirmé l’abandon définitif de ses projets de gigafactories en Italie et en Allemagne. Les sites de Termoli (photo ci-dessus) et de Kaiserslautern, dont les développements avaient été suspendus en 2024, ne seront finalement pas relancés, l’entreprise estimant que « les conditions préalables à leur redémarrage ne sont pas réunies », selon des propos rapportés par Reuters. Cette décision, attendue depuis plusieurs mois, marque un nouveau coup d’arrêt pour la stratégie européenne de montée en puissance de la production de batteries. Elle intervient dans un contexte déjà tendu pour ACC et pour l’ensemble de la filière, alors que plusieurs projets industriels peinent à atteindre leurs objectifs initiaux. À l’été 2024, ACC avait présenté la suspension de ses projets italien et allemand comme une pause temporaire, destinée à réévaluer sa stratégie technologique, notamment l’éventualité d’un basculement vers des chimies de batteries moins coûteuses, comme le LFP. L’annonce officialisée début février 2026 met fin à cette perspective : les deux sites ne verront pas le jour sous la bannière d’ACC. Selon plusieurs sources, cette décision s’explique principalement par des contraintes financières. L’entreprise ne disposerait pas des moyens nécessaires pour mener simultanément plusieurs projets industriels d’envergure, alors que la pérennité de sa gigafactory française reste, elle-même, étroitement liée au soutien public européen. Conçue à l’origine comme un acteur capable de rivaliser avec les fabricants asiatiques, ACC a fait le choix de se positionner sur des batteries NMC - batteries lithium-ion dont la cathode est composée de Nickel (N), Manganèse (M) et Cobalt (C) -, destinées au segment haut de gamme. Or, le marché européen évolue vers une demande accrue de volumes importants et de solutions à coûts plus compétitifs, un terrain dominé par les producteurs chinois. Au-delà des choix technologiques, ACC fait également face à des difficultés industrielles. En France, la montée en cadence de la production s’avère plus lente que prévu, limitant la capacité du groupe à répondre aux besoins de son principal client, Stellantis. Surtout, cette annonce intervient quelques jours après la publication de résultats financiers dégradés chez Stellantis, accompagnés d’un avertissement sur la rentabilité de l’électrification.