À l’occasion des ventes de prestige organisées en marge du salon Rétromobile 2026, une Renault 4L de 1968, dans sa rare version « Plein Air », a été adjugée 95 360 €, établissant un nouveau record pour ce modèle emblématique de l’automobile française populaire. Organisée par la maison de vente Artcurial Motorcars le 27 janvier 2026 à Paris, cette session de ventes aux enchères a rassemblé un plateau varié de voitures anciennes et de voitures de sport d’exception. Dans un contexte de marché en forte tension, marqué par des adjudications spectaculaires, la 4L « Plein Air » a constitué l’une des surprises les plus commentées de la journée. Estimée avant la vente entre 20 000 et 30 000 €, cette Renault 4 atypique a vu les enchères s’envoler bien au-delà des pronostics. La version « Plein Air », caractérisée par l’absence de capote et de portes latérales, est particulièrement rare — on estime qu’entre 550 et 650 exemplaires auraient été produits par Renault à l’époque. Restée dans la même famille depuis sa sortie d’usine et affichant un kilométrage remarquablement bas, elle a suscité un fort intérêt auprès des collectionneurs présents. Alors que la Renault 4 représente historiquement une voiture simple, robuste et accessible — surnommée en France « quatre pattes » pour son usage polyvalent — son prix d’adjudication en dit long sur l’évolution du marché des voitures de collection. Autrefois considérée comme une italienne de seconde main ou un véhicule d’étudiant, la 4L est désormais scrutée pour sa rareté, son état d’origine et sa dimension culturelle. Ce record intervient dans une vente globalement dominée par des automobiles d’exception : une Mercedes-Benz 300 SL « Papillon » de 1956 a été vendue plus de 4,4 millions d’euros, tandis que la Ferrari F92A F1 ex-Jean Alesi a trouvé preneur pour près de 2,9 millions d’euros. D’autres modèles de prestige, allant de sportives italiennes à des monoplace de compétition emblématiques, ont également enregistré des prix élevés. Cette adjudication record pour une Renault 4L illustre notamment la montée en puissance du marché des voitures populaires restaurées ou conservées dans leur jus. Là où la 4L incarnait dès sa sortie en 1961 une solution de mobilité simple et économique, elle devient aujourd’hui un objet de collection dont la cote peut surprendre même les spécialistes les plus aguerris.