Ford Europe a besoin d’une injection de nouveaux modèles, et vite. Sa part de marché sur le segment des voitures particulières neuves sur le continent continue de se contracter, tombant à seulement 2,8 % sur les deux premiers mois de l’année. Les chiffres d’immatriculations publiés par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) font état d’une baisse de 20,3 %, à 55 025 unités. On peut avancer que les deux premiers mois de l’année ne racontent pas toute l’histoire. C’est vrai, mais les perspectives pour le reste de 2026 ne sont pas plus encourageantes. La production de la Focus s’est arrêtée en novembre dernier : ce modèle compact, autrefois extrêmement populaire, rejoint désormais le cimetière automobile aux côtés des Ka, Fiesta et Mondeo. Les crossovers Puma et Kuga ne peuvent pas tout porter à eux seuls, d’où un besoin évident d’étoffer la gamme. Alors que les Explorer et Capri électriques, basés sur des Volkswagen, n’ont pas vraiment changé la donne, Ford se tourne désormais vers Renault. Une nouvelle paire de modèles électriques est en préparation, mais le premier ne sera pas commercialisé avant le début de 2028. D’ici là, l’Ovale Bleu devra composer sans aucune offre hors SUV. Certes, il reste la Mustang, mais elle ne pèse pas lourd en volumes. Renault 5 E-Tech Electric 2025 Malgré ce trou de deux ans dans son offre européenne, le patron de Ford se veut optimiste pour l’avenir. Dans une interview accordée au magazine Top Gear, Jim Farley explique que l’entreprise développe désormais des "passion products" et promet "moins de véhicules génériques". Les deux VE actuellement en développement reposeront sur la plateforme Ampere de Renault : ils seront donc apparentés à de petites voitures comme la Twingo, la 4 E-Tech Electric et la 5 E-Tech Electric. "Qu’ils reposent sur une plateforme VW ou Renault, nous allons réaliser ces voitures avec une assurance qui est propre à Ford Europe." Dans l’intervalle, Ford Europe continue de perdre des parts de marché, et pas seulement au profit d’acteurs historiques. Tandis que des groupes comme Volkswagen, Stellantis ou Hyundai creusent l’écart grâce à des gammes très fournies, les nouveaux venus chinois talonnent Ford. Sur les deux premiers mois de l’année, la part de marché de BYD a atteint 1,9 % avec 36 069 immatriculations. SAIC est encore plus proche de Ford, avec 41 454 immatriculations, soit 2,1 % du marché. Les constructeurs chinois multiplient les lancements en Europe et, à ce rythme, ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne dépassent Ford. On ne serait pas surpris que cela arrive d’ici la fin de l’année, surtout maintenant que la Focus a disparu. Renault Twingo E-Tech Electric 2025 Ford Europe traverse une période compliquée, et nous ne sommes pas convaincus que deux VE basés sur Renault suffiront à inverser la tendance. Au vu du rythme de lancements chez les concurrents, ces futurs modèles affronteront une concurrence sévère dès le premier jour. L’offre en VE de segment petit à compact est déjà très riche, qu’elle vienne de constructeurs traditionnels ou de Chine. Pour autant, nous n’enterrerions pas Ford trop vite sur le marché européen des voitures particulières. Même si l’époque où la marque se battait avec Volkswagen au coude-à-coude est révolue, elle reste un poids lourd de l’automobile. Elle se porte bien sur l’utilitaire et dispose clairement des moyens de relancer l’intérêt des clients pour les VP. Reste à voir si cela passera par un raccourci via Renault.