En 2023, Luca de Meo, alors à la tête de Renault, lançait officiellement Ampère, la filiale électrique du constructeur français, dans le cadre de son grand plan « Renaultion », qui visait à faire basculer la marque au losange dans le zéro émission. Trois ans plus tard, alors que de Meo a quitté la tête du groupe à l’été dernier – remplacé par François Provost, Renault envisage de repenser sa stratégie électrique, et souhaiterait abandonner le projet Ampère pour regrouper toutes les activités dans le giron de la marque au losange, d’après les informations de l’agence Reuter, relayées par le journal Le Figaro. Précision : il s’agit-là d’une nouvelle organisation, et pas d’un recul sur l’électrique : à ce stade, aucun emploi des usines Ampere actuelles - Douai et Maubeuge, réunies sous l’appellation « Renault ElectriCity », et Cléon (Seine-Maritime) -, n’étant pour l’heure menacés. L’activité de ces centres de production devrait ainsi simplement être à nouveau rattachée directement au groupe Renault. Cet abandon de l’appellation Ampere était déjà dans l’air depuis quelques temps. Initialement, de Meo avait l’intention d’introduire Ampere en bourse, mais ce projet avait été abandonné dès 2024 en raison d’une valorisation boursière insuffisante. Luca de Meo au Mondial de l'Automobile de Paris 2022 "Puisqu’il n’y a plus d’introduction en bourse, il n’y a plus besoin d’une entité dédiée ; c’est pourquoi Renault réintègre tout pour simplifier et éliminer la complexité inhérente au modèle initial", a déclaré à l’agence de presse une personne proche du dossier. Ce changement de cap intervient dans un contexte difficile pour le marché de l’électrique, et pour le marché de l’automobile de manière générale, et ce malgré le franc succès rencontré par la nouvelle Renault 5 électrique. A noter tout de même que l’appellation Ampere ne disparaîtra pas totalement, puis que l’activité de développement de batterie sera réunie sous l’entité Ampere Energy, qui sera associée à la déjà existante entité Ampere Software. Il s’agit là de la deuxième restructuration d’envergure voulue par François Provost, après l’arrêt annoncé en décembre des activités d’autopartage de la filiale Mobilize, elle aussi abandonnée.