Stellantis a annoncé, vendredi 10 avril, la suppression de 650 postes d’ingénieurs sur le site de recherche et développement de sa filiale Opel, à Rüsselsheim, en Allemagne. Cette décision s’inscrit dans une réorganisation plus large des activités d’ingénierie du groupe à l’échelle européenne, dans un contexte de transformation rapide du secteur automobile. Sur les quelque 1 650 ingénieurs actuellement employés sur ce site historique, près de 40 % des effectifs sont concernés. À l’issue de cette restructuration, environ 1 000 postes devraient être maintenus. Le groupe précise que ces suppressions se feront sans licenciements contraints, notamment via des départs volontaires ou des mobilités internes. La direction de Stellantis indique vouloir faire évoluer le centre de Rüsselsheim vers une structure plus spécialisée, davantage intégrée dans l’organisation mondiale de recherche et développement du groupe. Cette réorganisation vise à mutualiser certaines compétences et à optimiser les coûts, alors que les investissements liés à l’électrification des véhicules et aux technologies embarquées s’intensifient. Comme l’ensemble du secteur, Stellantis doit composer avec des mutations profondes : transition vers les motorisations électriques, renforcement des exigences environnementales et pression concurrentielle accrue. Dans ce contexte, les constructeurs revoient leurs implantations industrielles et technologiques afin de gagner en efficacité et en flexibilité. En parallèle de ces suppressions de postes en Allemagne, le groupe a annoncé un investissement de 120 millions d’euros sur son site de Sochaux, dans le Doubs. Cet investissement doit permettre la création d’un nouvel atelier de peinture, présenté comme plus automatisé et moins émetteur de dioxyde de carbone. Il s’inscrit dans la stratégie du groupe visant à moderniser ses outils de production en Europe. Ce mouvement illustre un rééquilibrage des activités au sein de Stellantis, avec un renforcement de certains sites industriels, notamment en France, et une rationalisation des effectifs dans d’autres pays. Le groupe met en avant une volonté d’adapter son organisation aux enjeux technologiques et économiques du secteur, tout en maintenant sa compétitivité à l’échelle mondiale. Ces annonces interviennent dans un climat social sensible en Allemagne, où les syndicats se montrent attentifs aux conditions de mise en œuvre de cette réorganisation. Ils appellent à des garanties sur l’accompagnement des salariés concernés et sur l’avenir du site de Rüsselsheim.