Le groupe Stellantis a annoncé la fin programmée de la production de véhicules sur son site de Poissy (Yvelines) d’ici à 2028, justifiant cette décision par un contexte de surcapacités industrielles en Europe. L’information a été présentée aux représentants du personnel lors d’un comité social et économique, confirmant l’arrêt à terme de l’assemblage des modèles Opel Mokka et DS 3, actuellement produits dans l’usine francilienne. Implanté de longue date dans les Yvelines, le site de Poissy constitue aujourd’hui la dernière unité d’assemblage automobile en activité en Île-de-France. Malgré la fin annoncée de cette activité, Stellantis prévoit de maintenir une présence industrielle sur place. Le groupe entend y développer des activités de production de pièces de carrosserie destinées au marché de l’après-vente, dans le cadre d’une réorganisation plus large de son dispositif industriel. Cette évolution s’inscrit dans un environnement de marché jugé défavorable en Europe. Depuis la création de Stellantis en 2021, issue de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler Automobiles, la demande automobile sur le continent a marqué le pas. Dans ce contexte, le constructeur ajuste progressivement ses capacités de production afin de mieux les aligner sur les volumes attendus. Le site de Poissy ne disposait pas de perspectives identifiées pour l’attribution de nouveaux modèles à moyen terme. Les véhicules actuellement assemblés arrivant en fin de cycle, l’absence de renouvellement industriel a contribué à la décision de mettre un terme à l’activité d’assemblage automobile. Cette orientation traduit la volonté du groupe de concentrer ses investissements sur des sites jugés plus compétitifs ou stratégiques. Plus largement, Stellantis a engagé ces derniers mois plusieurs mesures d’adaptation de son outil industriel en Europe. Celles-ci se traduisent notamment par des ajustements de cadence, des interruptions temporaires de production et une gestion plus fine des stocks, dans un contexte de ralentissement de la demande et de transition vers l’électrification. Parallèlement, le groupe poursuit sa réflexion sur l’évolution de son implantation industrielle sur le continent. Le marché européen est confronté à des mutations structurelles, liées à la transition énergétique et à l’intensification de la concurrence internationale, en particulier de la part de constructeurs asiatiques susceptibles de produire localement pour contourner certaines barrières commerciales. Avec l’arrêt programmé de l’assemblage à Poissy, Stellantis poursuit ainsi la transformation de son empreinte industrielle en Europe. Le groupe privilégie une rationalisation de ses capacités et une adaptation progressive de son outil productif aux évolutions du marché automobile, dans un environnement marqué par des incertitudes durables.