En déplacement sur le site de Sochaux, le PDG de Stellantis, Antonio Filosa, a rencontré les représentants syndicaux et confirmé un plan de 1 400 embauches en contrat à durée indéterminée en France pour l’année 2026. Cette annonce a été faite à l’issue d’une visite de l’usine sochalienne et de sa nouvelle unité de peinture, aux côtés de plusieurs membres de la direction européenne et française du groupe, selon l'Est Républicain. Antonio Filosa était accompagné d’Emanuele Cappellano, responsable de Stellantis Europe, de Xavier Chéreau, directeur des ressources humaines, de Christophe Montavon, responsable des usines européennes, d’Étienne Martin-Commandeur, en charge de la plateforme de production France-Allemagne-Royaume-Uni, ainsi que d’Alain Favey, PDG de Peugeot. Les dirigeants ont notamment visité le nouvel atelier de peinture, dont l’entrée en production est prévue dans les prochaines semaines. Cette installation a été conçue pour fonctionner avec une empreinte carbone neutre, s’inscrivant dans la stratégie environnementale du groupe. La délégation a ensuite échangé avec les représentants des cinq organisations syndicales du site lors d’une réunion d’environ quarante minutes. Le format de l’entretien était volontairement resserré, chaque syndicat disposant d’une seule question. Une traduction simultanée a été mise en place afin de garantir la fluidité des échanges. La rencontre, décidée en interne à la dernière minute, s’est déroulée sans présence de la presse. À l’issue de cette table ronde, le PDG de Stellantis s’est également adressé aux 121 managers du site de Sochaux-Belchamp. Interrogé sur la politique d’emploi du groupe et sur la pérennité des sites industriels français, Antonio Filosa a confirmé l’embauche de 1 400 salariés en CDI en 2026 au sein de Stellantis France. Ces recrutements se répartiront équitablement entre 700 cadres et 700 opérateurs. La direction a précisé que la répartition géographique de ces effectifs entre les différents sites français n’était pas encore arrêtée. Cette annonce a été accueillie de manière contrastée par les organisations syndicales. La CFDT y voit un signal positif pour l’emploi et pour la stabilisation des effectifs. Le syndicat souligne que ces recrutements pourraient bénéficier à une partie des intérimaires actuellement en poste, dont la situation reste marquée par la précarité. Il s’agit, selon lui, d’un premier pas dans un contexte industriel encore incertain. La CGT, premier syndicat du collège ouvriers du site de Sochaux, adopte une position plus critique. Elle estime que le volume des embauches annoncées demeure insuffisant au regard des suppressions de postes intervenues ces dernières années au sein du groupe. Selon l’organisation, les 700 recrutements d’opérateurs, appelés à être répartis sur l’ensemble des sites français, ne permettraient pas de compenser les pertes d’effectifs enregistrées dans l’industrie automobile. Au-delà de l’annonce sur l’emploi, cette visite revêt une portée symbolique pour le site de Sochaux, l’un des piliers historiques de la production automobile française. Elle marque l’une des premières prises de contact d’Antonio Filosa avec les équipes industrielles depuis sa nomination à la tête de Stellantis. Le dirigeant avait déjà effectué une première visite sur le site le jour même de sa prise de fonction, soulignant l’importance qu’il accorde à ce site stratégique. Dans un contexte de transition industrielle et environnementale, Stellantis cherche à rassurer sur la pérennité de ses implantations françaises. La mise en service prochaine de la nouvelle unité de peinture à neutralité carbone illustre cette volonté d’adapter les outils industriels aux exigences climatiques et réglementaires. Les annonces en matière de recrutement visent, de leur côté, à envoyer un signal de stabilité sociale et d’engagement à long terme envers l’emploi industriel en France. Si la répartition précise des futurs postes et leur impact concret sur les effectifs de Sochaux restent à définir, la visite du PDG et ses engagements publics confirment la place centrale du site dans la stratégie industrielle du groupe. Les prochains mois permettront de mesurer la traduction opérationnelle de ces annonces, tant en matière d’emplois que d’investissements industriels.