À l’issue du week-end prolongé de Pâques, les stations-service françaises ont été confrontées à des tensions d’approvisionnement, avec une part significative du réseau touchée par des ruptures partielles. Selon les données communiquées par le gouvernement, environ 18 % des stations étaient en rupture d’au moins un carburant, un niveau en nette hausse par rapport aux jours précédents. Ces difficultés, qualifiées de « logistiques » par les autorités, s’expliquent en grande partie par les contraintes de transport durant le week-end, marqué par une moindre circulation des camions de livraison. À cela s’est ajoutée une demande accrue liée aux déplacements de Pâques, accentuant ponctuellement les tensions dans certaines zones. Le phénomène reste toutefois limité dans le temps et ne traduit pas une pénurie généralisée. Les professionnels du secteur évoquent une situation transitoire, avec des réapprovisionnements rapides dès le début de semaine. Les stocks disponibles permettent, selon eux, d’assurer la continuité de l’approvisionnement à court terme, écartant à ce stade le risque de rupture durable. Dans le détail, les perturbations concernent majoritairement les stations du réseau TotalEnergies, où le plafonnement des prix des carburants a entraîné un afflux plus important d’automobilistes. Ce phénomène de report de la demande a contribué à accentuer les ruptures locales, sans remettre en cause l’équilibre global du marché. Plus largement, ces tensions s’inscrivent dans un contexte de forte volatilité du marché pétrolier. Depuis la fin du mois de février, le conflit au Moyen-Orient a provoqué une hausse rapide des cours du brut, alimentée par les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour près de 20 % du commerce mondial de pétrole. La fermeture quasi totale de cette voie maritime a entraîné une flambée des prix, le baril de Brent dépassant ponctuellement les 100 dollars et enregistrant une progression de plus de 50 % en quelques semaines. Cette situation a directement pesé sur les prix à la pompe en France et contribué à tendre les conditions d’approvisionnement. Dans ce contexte, la perspective d’une réouverture progressive du détroit d’Ormuz, suite au cessez-le-feu annoncé entre les Etats-Unis et l'Iran, constitue un facteur clé d’évolution. Un retour à la normale du trafic pétrolier pourrait entraîner un reflux des cours du brut et, à terme, une baisse des prix des carburants. Selon les acteurs du secteur, une détente de quelques centimes par litre pourrait intervenir rapidement en cas d’amélioration durable de la situation géopolitique, même si l’évolution reste dépendante des incertitudes liées au conflit.