Face à la hausse récente des prix des carburants, le gouvernement a annoncé une opération exceptionnelle de contrôle dans les stations-service. Le premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué que 500 inspections seraient menées entre lundi et mercredi par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). L’objectif est de vérifier que certaines enseignes ne profitent pas du contexte international pour augmenter leurs tarifs de manière injustifiée. Selon le chef du gouvernement, les tensions liées au conflit au Moyen-Orient ne doivent pas servir de justification à des "hausses abusives des prix à la pompe". Le volume de contrôles annoncé correspond à l’équivalent d’un semestre de vérifications dans le cadre du dispositif habituel. Cette décision intervient alors que les prix des carburants ont fortement progressé ces derniers jours. L’essence SP95-E10, la plus consommée en France, a augmenté d’environ dix centimes en une semaine. La hausse est encore plus marquée pour le gazole, dont le prix moyen atteignait vendredi 1,98 euro le litre, contre environ 1,72 euro à la fin du mois de février, soit une progression d’environ 15 %. Le ministre de l’économie a également averti que les entreprises qui seraient reconnues coupables de pratiques abusives pourraient être rendues publiques, selon le principe du "name and shame". Ces annonces ont suscité des réactions politiques. Sur le réseau social X, Jean-Luc Mélenchon, figure de La France insoumise, a estimé qu’un blocage des prix serait plus efficace, soulignant qu’environ 10 000 stations-service existent en France. Du côté du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont proposé une baisse de la fiscalité sur les carburants, notamment de la TVA et de l’accise sur les produits pétroliers. Le gouvernement rejette toutefois cette option. La ministre déléguée à l’énergie, Maud Bregeon, estime qu’une telle mesure créerait un manque à gagner d’environ 20 milliards d’euros pour les finances publiques. Dans l’immédiat, l’exécutif privilégie donc une surveillance renforcée du marché afin de limiter d’éventuelles dérives dans la fixation des prix à la pompe.