La crise dans le détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde, pourrait avoir des répercussions très concrètes sur l’industrie de la voiture électrique. Selon une analyse du cabinet de conseil Berylls, si le trafic dans cette zone venait à être interrompu durablement, la production mondiale de véhicules électriques pourrait ralentir jusqu’à se retrouver à l’arrêt en l’espace d’environ deux mois. Sans matières premières, pas de batteries Le principal point de blocage concerne les batteries, véritable cœur des voitures électriques. Leur fabrication nécessite plusieurs matières premières, dont certaines peu connues mais indispensables. Parmi elles figure le soufre, utilisé dans différents procédés industriels liés aux accumulateurs. Une grande partie de ce matériau transite par voie maritime, en passant justement par le Golfe Persique. Si ces routes se grippent, les stocks diminuent rapidement. Concrètement, même si les usines sont prêtes à tourner, sans ces matériaux elles ne peuvent pas produire de batteries, et donc pas de voitures électriques. D’après les experts, les réserves actuelles ne couvriraient que quelques semaines. Hausse des coûts et délais plus longs Il ne s’agit pas uniquement d’un problème d’approvisionnement. La crise entraîne aussi une hausse des coûts de l’énergie, car le pétrole et le gaz deviennent plus chers. Or la production de batteries est très énergivore : cela se répercute directement sur les coûts de fabrication, et donc sur le prix final des voitures électriques. Par ailleurs, le transport devient plus lent et plus complexe : les navires doivent dévier leur route ou attendre, ce qui provoque des retards de livraison. Résultat ? Une production ralentie, des délais d’attente plus longs pour les acheteurs et, probablement, des prix en hausse. Une situation qui rappelle de près la crise des semi-conducteurs de ces dernières années, lorsque la pénurie de composants avait freiné l’ensemble du secteur automobile.