Jusqu’ici, la Lotus Eletre était un modèle électrique hors de portée, pénalisé par des droits de douane de 100 % qui en faisaient exploser le prix. Mais le Canada change désormais de cap : le nouvel accord avec la Chine abaisse les tarifs à 6,1 % et ouvre la voie à des baisses de prix pouvant aller jusqu’à 50 % pour les électriques produites dans le pays asiatique. L’accord autorise l’importation de 49 000 voitures électriques chinoises par an, avec un plafond susceptible de grimper à 70 000 unités d’ici cinq ans. En outre, plus de la moitié du quota devra concerner des modèles sous les 25 000 euros, avec l’objectif de rendre l’électrique plus accessible. Le résultat est double : des prix plus bas et davantage de choix pour les consommateurs, mais aussi un puissant levier pour attirer des investissements et des partenariats industriels avec les constructeurs chinois, aujourd’hui parmi les plus avancés dans le domaine de la voiture électrique. Lotus Eletre Le cas Lotus Eletre Jusqu’à présent, la Lotus Eletre faisait figure de cas extrême. Produite en Chine et importée au Canada avec un droit de douane de 100 %, elle finissait par coûter plus de 220 000 euros, davantage qu’un Lamborghini Urus. Un niveau de prix qui en a fait l’une des électriques les moins compétitives du marché nord-américain. Avec la nouvelle politique tarifaire canadienne, qui abaisse le droit de douane à 6,1 % pour un contingent annuel de véhicules électriques chinois, Lotus a confirmé que le prix catalogue pourrait être divisé par deux, pour tomber autour de 113 000 euros. Une somme qui change complètement la perception du modèle et le place sur le même terrain que des SUV sportifs premium européens. Sans surprise, Lotus a évoqué ouvertement une forte hausse potentielle des ventes, d’autant que l’Eletre est déjà homologuée pour le marché nord-américain et peut profiter immédiatement du nouveau cadre réglementaire. Lotus Eletre Lotus, Geely et l’effet domino Rappelons que Lotus fait partie de l’univers Geely, le même groupe qui contrôle Volvo et Polestar. Et c’est précisément cette galaxie industrielle qui figure parmi les principales bénéficiaires du nouveau contexte. Volvo et Polestar avaient déjà exporté des modèles électriques depuis la Chine vers le Canada avant l’instauration des surtaxes et pourraient désormais reprendre rapidement. Dans le cas de Lotus, l’impact est toutefois plus visible : l’Eletre ne change pas techniquement, mais son intérêt économique est totalement transformé. D’une vitrine technologique inaccessible, elle devient un SUV électrique hautes performances affiché à un prix enfin cohérent avec son segment. Un signal aussi pour l’Europe et les États-Unis Le cas de l’Eletre illustre à quel point les politiques commerciales peuvent peser davantage que la technologie sur le destin d’une voiture électrique. Alors que les États-Unis maintiennent des droits de douane de 100 %, le Canada se positionne comme un laboratoire alternatif pour l’entrée des électriques chinoises en Amérique du Nord. Pour l’Europe, qui revoit son approche des tarifs, le message est clair : quand les prix s’effondrent, les préjugés sur la voiture électrique commencent aussi à reculer. Et la Lotus Eletre pourrait n’être que le premier exemple d’une transformation bien plus large. Galerie: Premier essai de la Lotus Eletre 2024