Les voitures chinoises ne sont plus un phénomène marginal : en l’espace d’un an seulement, elles ont nettement accéléré dans les principaux marchés internationaux. En attendant les chiffres complets pour 2025, voici ma dernière analyse des performances commerciales de l’an dernier. Cette fois, je m’intéresse aux immatriculations de voitures particulières sur les cinq plus grands marchés européens (Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Espagne), ainsi qu’au Brésil. Les données font apparaître des tendances très intéressantes. La France est l'une des moins réceptives aux voitures chinoises Si les immatriculations de voitures chinoises neuves ont progressé dans les cinq principaux marchés européens, deux tendances nettes se dégagent. Les marques chinoises ont gagné bien davantage de terrain au Royaume-Uni, en Espagne et en Italie qu’en Allemagne et en France. Selon les données officielles publiées par les instituts statistiques nationaux, la part de marché des marques automobiles chinoises au Royaume-Uni (sans compter Volvo, Polestar, smart et Lotus, uniquement MG) a presque doublé, passant de 4,9 % en 2024 à 9,7 % en 2025. Le pays est ainsi devenu le plus grand marché européen pour la Chine, avec près de 200 000 unités vendues. Le groupe Chery (Omoda-Jaecoo) et BYD ont été les deux principaux moteurs de cette croissance, avec des volumes en hausse respectivement de 1 297 % et de 485 %. Ils ont vendu plus de voitures que Tesla, Mazda, Honda ou Suzuki. Les immatriculations de voitures chinoises en Italie et sur d’autres marchés, comparaison 2024 vs 2025 Le chiffre le plus marquant est que le total britannique pour les marques chinoises a dépassé le volume combiné enregistré en Allemagne et en France. Les 196 800 unités immatriculées au Royaume-Uni ont excédé les 119 000 unités comptabilisées au total en Allemagne et dans notre pays. De fait, ces deux marchés restent encore relativement résistants à l’expansion massive des marques chinoises, avec des parts de marché respectives de 2,2 % et 3,4 %. La solide implantation des constructeurs locaux complique la percée des marques chinoises dans ces pays. C’est aussi pour cette raison que l’Italie a été le deuxième plus grand marché européen pour les marques automobiles chinoises en 2025. Les données font état de 128 600 unités immatriculées (DR Automobiles inclus), soit 8,4 % du marché total. Un résultat notable quand on sait qu’en 2024, le volume s’établissait à 74 600 unités, correspondant à une part de 4,8 %. BYD, Omoda-Jaecoo et Leapmotor ont tiré la croissance, au détriment d’une part de marché plus faible pour Stellantis et Ford. Encore plus impressionnant que le cas italien, celui de l’Espagne. C’est le pays où les marques chinoises ont atteint la part de marché la plus élevée parmi les cinq premiers marchés européens. Grâce au bon démarrage d’Ebro (des modèles Chery rebadgés) et à la progression spectaculaire de MG, BYD, Omoda et Jaecoo, les immatriculations ont augmenté de 153 % par rapport à 2024. Au total, 121 200 unités ont été enregistrées, soit 10,5 % du marché global. Près de 250 000 unités au Brésil Le Brésil n’était pas loin de l’Espagne en termes de part de marché des marques chinoises. L’an dernier, ces constructeurs ont représenté 9,8 % du marché total, avec 249 600 unités. Quelle est la part des voitures chinoises dans les immatriculations sur les différents marchés Cela représente 80 000 unités de plus qu’en 2024 et près de 3 points de part de marché supplémentaires. À l’exception de GWM Ora et JAC, toutes les autres marques chinoises ont enregistré de fortes progressions. BYD a mené la croissance, portée par la popularité de ses modèles électriques. L’auteur de l’article, Felipe Munoz, est analyste spécialisé de l’industrie automobile et créateur de contenu sur les réseaux sociaux pour Car Industry Analysis.