Il y a quatre ans, le début du conflit entre l’Ukraine et la Russie avait eu un impact direct sur le prix du baril de pétrole, qui avait alors dépassé les 100 dollars, engendrant à son tour une envolée du prix des carburants qui avaient alors dépassé les deux euros le litre. Le conflit entre l’alliance israélo-américaine et l’Iran, qui embrase actuellement le Moyen-Orient, devrait logiquement avoir un impact similaire, si jamais le conflit venait à perdurer dans la région. Les tirs de missiles sur de nombreux points stratégiques de part et d’autres ont inclus des dommages lors de la journée du dimanche sur deux navires pétroliers croisant au large des Emirats Arabes Unis et du sultanat d’Oman. Face aux événements, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à éviter le secteur, certains navires, commerciaux ou paquebots de croisière, étant actuellement bloqués dans le Golfe Persique, alors que la circulation dans le détroit d’Ormuz est désormais bloquée. Lundi matin, le baril de Brent – référence en termes de prix du pétrole – s’envolait à plus de 80 dollars (contre un peu plus de 70 dollars en fin de semaine dernière, l’indice s’étant même stabilisé à un peu plus de 60 dollars en décembre dernier). A l’heure actuelle, les membres de l’OCDE – les pays importateurs de pétrole – disposent de réserves suffisantes pour faire face à une véritable pénurie, mais la coupure du passage d’Ormuz (qui représente près de 20% du trafic pétrolier mondial) risque d’avoir un réel impact en cas d’enlisement du conflit. D’autant que plusieurs installations pétrolières, en Arabie Saoudite notamment, ont été mises à l’arrêt après avoir été touchées par des tirs de missiles iraniens. Comme le rapporte le site TF1 Infos, la société de conseil Eurasia Group a exprimé sa vision des prochains événements : "En cas d'interruption prolongée des livraisons via Ormuz, le pétrole brut pourrait rapidement grimper jusqu'à 100 dollars le baril, notamment en cas d'attaques contre les installations pétrolières dans la région", indique ainsi le cabinet. Ce lundi 2 mars, le prix du carburant avait enregistré une légère hausse en France par rapport à ces derniers jours. Selon les données du site carbu.com, ces tarifs se stabilisaient ainsi : Sans Plomb 98 (E5) : 1.848 €/litre Super 98 (E10) : 1.897 €/litre Sans Plomb 95 (E5) : 1.767 €/litre Sans Plomb 95 (E10) : 1.739 €/litre BioEthanol E85) : 0.788 €/litre Gazole (B7) : 1.738 €/litre A noter que les experts précisent que cette hausse sensible du carburant avait déjà été amorcée avant le début du conflit, et qu’elles ne constituent pas nécessairement une réponse aux événements actuels. Mais la hausse pourrait bien se durcir dans les prochaines semaines si la situation devait perdurer.