Le TGV M est désormais entré dans la vie des voyageurs. Vendredi 6 novembre 2026, le train de nouvelle génération conçu par Alstom pour la SNCF a réalisé son premier service commercial entre Paris et Marseille. Parti de Paris dans la matinée, il est arrivé à Marseille peu avant 13 heures, selon le reportage de l’AFP diffusé par TV5MONDE.

Cette première circulation met fin à une attente prolongée. Le programme, initialement espéré pour les Jeux olympiques de Paris en 2024, a subi plusieurs reports liés notamment à la mise au point technique et aux essais. Le voyage inaugural constitue cette fois un fait accompli, et non une nouvelle date annoncée.

Plus de places, mais pas davantage de vitesse

Le nouveau train conserve une vitesse maximale de 320 km/h. Sa différence tient surtout à l’aménagement et à l’exploitation. Grâce à des motrices plus compactes et à une conception modulaire, il peut accueillir jusqu’à 740 voyageurs dans sa configuration maximale, soit environ 20 % de capacité supplémentaire par rapport aux rames précédentes.

Les configurations réellement utilisées varieront selon les lignes. La présentation de SNCF Voyageurs actualisée le 1er novembre précise que six premières rames doivent être déployées sur Paris–Marseille, d’abord à raison d’un aller-retour quotidien, avant une montée en puissance progressive. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que tous les TGV de cet axe soient immédiatement remplacés.

Le train apporte également des espaces de rangement revus, une connectivité améliorée et une voiture de restauration sur deux niveaux. L’accessibilité a fait l’objet d’aménagements spécifiques, notamment pour les voyageurs en fauteuil roulant.

Un enjeu industriel et énergétique

Le constructeur met en avant une consommation d’énergie inférieure d’environ 20 % grâce notamment au travail aérodynamique. Cette donnée correspond à une performance annoncée pour la nouvelle génération, pas à une économie garantie et identique sur chaque trajet. Alstom détaille aussi la modularité des voitures et une réduction visée des coûts de maintenance.

Pour la SNCF, cette évolution arrive sur un marché où la concurrence s’intensifie, notamment avec les trains Frecciarossa de Trenitalia sur la liaison Paris–Marseille. Davantage de sièges par rame peut améliorer la capacité proposée, mais ne signifie pas automatiquement une baisse du prix des billets.

Le déploiement doit se poursuivre sur plusieurs années. Le premier trajet commercial du 6 novembre valide l’entrée en exploitation du matériel, tandis que l’augmentation du nombre de rames en circulation restera progressive. Pour les voyageurs, le changement se mesurera donc d’abord sur les services effectivement assurés par ces nouveaux trains.