Le TGV de cinquième génération franchit une étape ce vendredi 6 novembre avec son voyage inaugural entre Paris et Marseille. Ce train, longtemps désigné TGV M, doit progressivement renouveler la flotte de grande vitesse de la SNCF. Son arrivée intervient après plusieurs reports successifs, alors que le matériel était initialement attendu bien plus tôt.

Selon les informations communiquées par la SNCF et reprises par l’AFP, le premier voyage inaugural est prévu sur l’une des liaisons les plus fréquentées de France. Il ne faut toutefois pas confondre cette inauguration avec le remplacement immédiat de toutes les rames circulant sur cet axe.

Jusqu’à 740 places dans une rame

Le nouveau train dispose de deux niveaux et d’une capacité pouvant atteindre 740 places selon sa configuration, soit environ 20 % de plus que la génération précédente. Sa conception modulaire doit permettre d’adapter davantage l’aménagement intérieur aux besoins de l’exploitation.

La présentation officielle du groupe SNCF met aussi en avant une consommation d’énergie réduite d’environ 20 % et une conception facilitant la maintenance et la recyclabilité. Ces chiffres sont des caractéristiques annoncées par l’opérateur, et non une mesure indépendante réalisée sur l’ensemble des futures circulations commerciales.

Pour les voyageurs, la principale différence visible sera l’aménagement à bord, avec une capacité accrue et des équipements repensés. Le temps de parcours Paris-Marseille ne doit pas mécaniquement diminuer : le nouveau train reste soumis aux vitesses autorisées sur les lignes et aux contraintes de circulation.

Une mise en service progressive

La SNCF a commandé plusieurs générations de lots de TGV M auprès d’Alstom. Le programme industriel représente plusieurs milliards d’euros, mais toutes les rames ne seront pas disponibles en même temps. Les trains classiques continueront donc à assurer une grande partie des trajets durant la montée en charge.

La distinction entre voyage inaugural et premières circulations accessibles à tous mérite aussi d’être conservée : les dates et horaires des trains effectivement proposés à la réservation doivent être vérifiés auprès de SNCF Connect. Une annonce de lancement ne garantit pas qu’un voyageur ayant réservé un billet sur cette ligne empruntera nécessairement le nouveau matériel.

Cette étape ouvre surtout une période de transition pour la grande vitesse française, avec un enjeu industriel pour Alstom et un enjeu de capacité pour la SNCF. Les premières semaines d’exploitation permettront de juger la régularité du matériel dans les conditions ordinaires de service.