Tesla envisage de réduire progressivement la fabrication de son Cybertruck dans son usine d’Austin, au Texas, autour de la mi-2027. L’annonce, rapportée le 6 novembre par Reuters, marque un changement de priorité industriel : le constructeur veut réserver davantage de capacités au Cybercab, son véhicule conçu pour le transport autonome.

Ce n’est pas encore l’annonce d’une disparition définitive du Cybertruck. La question d’un éventuel transfert de sa production vers une autre usine reste ouverte. Austin est toutefois le seul site connu disposant des installations adaptées à ses composants particuliers.

Un pick-up loin des ambitions initiales

Les ventes américaines du Cybertruck ont fortement reculé. Reuters fait état de 20 237 unités vendues l’an dernier, contre 38 965 en 2024, soit une baisse d’environ 48 %. Ces volumes restent très éloignés de l’objectif annuel de 250 000 exemplaires évoqué auparavant par Elon Musk.

Le modèle, reconnaissable à sa carrosserie aux formes anguleuses, a attiré l’attention dès sa présentation. Mais sa singularité ne lui a pas garanti un marché de masse. Son gabarit, son positionnement et les contraintes réglementaires ont limité son potentiel commercial. En Europe, sa conception pose notamment des difficultés au regard des règles de sécurité des piétons.

Le Cybercab prend le relais dans la stratégie de Tesla

Le constructeur mise désormais sur un véhicule pensé dès l’origine pour les services de robotaxi. Le Cybercab n’est pas simplement une déclinaison du Cybertruck : son usage, son architecture et les questions réglementaires qu’il soulève sont différents.

Tesla a commencé à proposer des trajets payants en Cybercab à Austin en septembre, selon Reuters. Cela ne signifie pas pour autant que son exploitation à grande échelle est autorisée partout. Les autorités américaines continuent d’examiner des questions de conformité et de sécurité.

Pour les automobilistes européens, ce changement de cap ne constitue donc ni une annonce de commercialisation locale du Cybercab, ni un calendrier d’arrivée d’un service sans conducteur. Il illustre surtout l’arbitrage de Tesla entre un pick-up aux ventes décevantes et une technologie autonome dont le déploiement reste soumis à des conditions techniques et juridiques.

Le devenir du Cybertruck dépendra notamment de la possibilité de déplacer sa fabrication. À ce stade, la réduction envisagée à Austin est une orientation industrielle annoncée, pas une fermeture déjà réalisée.