La vignette automobile, supprimée en 2000, pourrait faire son retour à l’horizon 2030. Cette nouvelle mouture prendrait la forme d’une redevance annuelle véhicule, dont le montant varierait selon la situation de chaque automobiliste : de 30 à 900 euros par an, pour une moyenne de 140 euros par voiture, rapporte le magazine Pleine Vie.
Cette proposition figure dans un rapport de l’Institut Mobilités en transition, qui planche sur une refonte de la fiscalité routière française. Il ne s’agit à ce stade que d’une piste parmi les 37 formulées par l’institut pour nourrir le débat, et non d’un projet de loi porté par le gouvernement.
Un calcul fondé sur les revenus, le lieu de vie et le véhicule
Le montant de la redevance serait modulé selon plusieurs critères : les revenus du foyer, le lieu de résidence, la masse du véhicule et sa motorisation. L’objectif affiché est de rendre l’impôt plus juste, avec une contribution plus élevée pour les ménages les plus aisés.
Dans le détail, les 30 euros annuels concerneraient les foyers les plus modestes roulant dans un petit véhicule, en zone peu dense. À l’autre bout de l’échelle, les 900 euros viseraient des profils décrits par le rapport comme « des gens riches, qui habitent en ville, qui sont multi-motorisés et qui ont accès aux transports en commun ».
La logique territoriale joue aussi : un habitant d’une zone rurale sans alternative à la voiture paierait moins qu’un citadin disposant d’un large réseau de transports en commun. Antoine Trouche, l’un des auteurs de l’étude, défend ce principe de redistribution : il estime que si on appartient au quart le plus riche de la population, c’est normal de payer plus que si on appartient au quart le plus pauvre.
L’électrification du parc grignote les recettes de la TICPE
Cette idée découle directement de l’électrification progressive du parc automobile. Les véhicules électriques consomment beaucoup moins d’énergie que les modèles thermiques, ce qui fait mécaniquement baisser les recettes de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, la TICPE. Selon l’institut, cette érosion représenterait un manque à gagner de 22 milliards d’euros d’ici 2035 pour les finances publiques.
La fiscalité routière a rapporté 67,5 milliards d’euros en 2025. Elle ne finance pas seulement l’entretien des routes, mais aussi des pans entiers des services publics, comme l’Éducation nationale ou la Défense. À ce rythme, la contribution du secteur automobile aux recettes totales de l’État tomberait de 4,6 % à 3,4 %.
Au-delà du seul manque à gagner budgétaire, Trouche pointe deux chantiers concrets qui attendent les routes françaises : il rappelle que cette fiscalité finance aussi la route, avec deux défis de taille devant nous, à savoir un déficit d’entretien de ces routes et leur adaptation au changement climatique.
Pour l’heure, cette piste reste une proposition parmi d’autres, destinée à alimenter la réflexion sur la fiscalité routière future.